Vivre et croire dans un monde complexe
La complexité du monde vous fait-elle peur? Selon le sociologue Edgar Morin «la complexité effraie, elle semble supprimer toute foi, toute espérance, tout courage». Mais pour assurer un avenir à notre terre, cet auteur invite la société moderne à s’organiser en tenant compte des données multiples, ambiguës, contradictoires de la réalité, de l’Histoire et de l’âme humaine. Le monde n’est pas noir ou blanc. Ce serait évidemment plus simple: les bons et les méchants, le vrai et le faux, les Eglises fidèles ou pécheresses.
L’EREN se trouve en difficulté; chercher les coupables reviendrait à refuser la complexité. Il n’y a pas une seule cause, mais mille peut-être. La complexité du réel s’impose comme une évidence, même si cela nous pèse. Mais chacun a la liberté de ne pas se laisser écraser, en ravivant son désir de vivre, sa confiance en soi et le sentiment de sa valeur fondamentale aux yeux de Dieu. En sera-t-il différemment pour l’EREN devant la nécessité de défendre son «territoire» pour pouvoir encore annoncer l’Evangile ? Dans un monde complexe, dire oui à sa vie, chanter l’amour et vibrer à toute beauté, pourrait bien ne pas être du nombrilisme, mais le reflet d’une Parole venue habiter et transfigurer notre Création.
Antoine Borel, pasteur
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