Patron cherche ouvriers!
Flânant sur les sentiers, j’entends souvent dire autour de moi que tout va mal: l’économie s’écroule; l’écologie s’enlise et l’Eglise s’éboule… Cela en pousserait plus d’un au fatalisme: «A quoi bon s’échiner encore, le résultat sera de toute façon désastreux.»
Parfois, l’être humain pense qu’il est simplement locataire du monde. Il voit celui-ci comme un grand immeuble plein d’appartements dont les loyers sont proportionnels aux salaires de sa maigre vie. Locataire, il trouve normal de vivre dans un appartement salubre, propre, confortable et spacieux. Malheureusement, appartements et immeubles sont lézardés de partout des détériorations successives de leurs habitants: le chauffage fonctionne par intermittence, l’eau dégoutte du pla fond, les voisins font beaucoup trop de bruit. Le monde est en piteux état. Alors, comme un seul homme, le locataire va se plaindre au propriétaire de l’immeuble: «Seigneur, c’est scandaleux! Tu nous loges dans un taudis et tu ne fais rien pour que cela change.»
On oublie seulement que le Patron n’a jamais dit que l’immeuble était achevé. Au contraire, il est en chantier. Dieu n’est pas un «proprio», c’est un entrepreneur. Il n’a jamais voulu des locataires mais n’a cessé de chercher des ouvriers. Des ouvriers qu’il loge, qu’il nourrit, qu’il blanchit… mais bien des ouvriers!
Alors, chaque fois que le monde ne me plaît pas, je me dis que, ouvrier, j’ai reçu de Dieu le pouvoir de l’embellir et cela m’aide à ne pas désespérer.
Yves Bourquin, pasteur stagiaire
Télécharger Le Souffle n°21.
