Le Souffle n°24

10 mars 2010 @09:21

Mais où sont passés les protestants ?

Depuis bientôt six ans, je suis votre député. Bien sûr, je ne suis pas seul à parler à votre place, mais tout de même, je devrais exprimer vos préoccupations dans le cadre du Synode, le Grand Conseil des protestants neuchâtelois, pour guider le Conseil synodal, notre «Conseil d’Etat» à nous, en vue d’entretenir et d’édifier l’Eglise que vous souhaitez, chère lectrice, cher lecteur, pour aujourd’hui ou demain. Mais voilà, à part votre conseil paroissial, qui me soutient face aux initiatives désespérées que le Conseil synodal fait pour s’adapter à vos mystérieuses exigences, vous restez de marbre et gardez pour vous les contours de l’EREN de vos rêves. L’EREN ? Mais oui, vous savez, ces Messieurs de Neuchâtel, qui décident ! Je me sens seul. Non pas triste, mais seul, parce que je n’ai pas l’impression d’être votre porte-voix. Dans mon coin, je pense, donc je ne suis pas… député. Je me représente moi-même. Et dire que député semble venir du latin «estimer»: On disait par exemple: putare aliquem in parentis loco, c’est-à-dire regarder quelqu’un comme un père… Je ne vous en demande pas tant, mais estimez-moi pour ce que je suis, soit celui que vous avez délégué pour protester en votre nom, pour façonner la communauté des protestants au sein de laquelle vous vous sentirez bien.

Jacques Laurent, député au Synode

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