Le Souffle n°19

27 avril 2009 @22:50

Déracinement

Lors de mes rencontres dans les homes, j’entends régulièrement cette phrase : On est bien ici, mais ce n’est pas la maison! Que se cache-t-il derrière cette phrase? Un sentiment de déracinement. La personne vivant dans un home a du quitter son quartier, son village ou sa ville. Elle a perdu ses relations sociales, de voisinage, les lieux qui lui étaient familiers, des personnes connues quelque fois depuis des années. Mais surtout la perte de son environnement le plus proche, son chez soi, son mobilier, une part des souvenirs accumulés tout au long d’une vie qui est plus pesant. Face à ce sentiment de déracinement, la personne doit retrouver ses repères dans un environnement nouveau et pas toujours choisi. Elle doit recréer des liens sociaux avec des personnes d’horizons divers. Quelque fois partager une chambre avec une personne inconnue. Elle doit apprendre à vivre dans une communauté marquée par la réalité de la mort, par des changements. Elle doit aussi se plier aux horaires et au fonctionnement du home. Or ce déracinement n’est pas toujours choisi, ce sont généralement des difficultés de santé qui imposent cette situation.

Redonner la confiance sans avoir la possibilité ou le temps de replanter ses racines, c’est le défi difficile mais passionnant de l’aumônerie.

Philippe Schaldenbrand, diacre aumônier

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Le Souffle n°18

@22:48

Silence! Je médite…

Une semaine de retraite spirituelle en silence et entrecoupée de «lectio divina» (lecture répétée d’un texte biblique, médité et prié)… Pourquoi faire? Est-ce vraiment une expérience utile pour moi? Bon gré mal gré, je me suis plié à l’exercice que cette semaine de formation m’imposait. Maugréant au début, je pensais que la méditation pourrait être utile, mais que le silence, lui, serait insurmontable, voire même insupportable et certainement inutile.

Les jours ont passé et une certaine sérénité s’est installée en moi. Ces temps de «lectio divina» ont été une véritable révélation, une autre façon de vivre ma spiritualité. Les textes que je lisais devenaient vivants, ils s’intégraient dans mon quotidien, dans mes préoccupations. Le silence — certes toujours ennuyeux —s’apprivoisait et n’était plus l’ennemi redouté. Il permettait même de continuer dans la douceur et de me recentrer autour de la Parole. Je reviens dans le «bruit», avec l’envie de partager avec d’autres ces instants à part.

Alors, on essaie?

Patrik Chabloz, diacre stagiaire

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Le Souffle n°17

@22:46

(Se) donner : à quoi bon ?

Vous qui donnez de votre temps, qui offrez vos compétences, qui partagez un peu de vos biens, savez-vous que vous battez en brèche un certain utilitarisme, qui voudrait que l’être humain soit uniquement animé par son plaisir et ses intérêts? Savez-vous qu’en donnant, vous affirmez que la personne humaine est plus grande que ses actes et son travail, qu’elle est unique et digne. C’est ainsi, qu’en quelques 70 pages, Félix Moser nous invite à revaloriser la simplicité du don (Félix Moser, (Se) donner : à quoi bon ?, Grolley, L’Hèbe, coll. La question, 2004).

La charité n’est pas contestée aujourd’hui. Bien au contraire! Il est de bon ton, voire lucratif, de se placer sur l’échiquier de la bienfaisance si possible très médiatisée. Beaucoup d’entre nous ressentent un malaise face à cette stratégie pour susciter des émotions fortes à coup d’images insoutenables. A force de tirer sur la corde sensible pour certaines causes, le risque est grand d’oublier complètement d’autres drames et le travail des anonymes qui, au quotidien et dans la discrétion, visitent, écoutent, accompagnent autrui!

A ce phénomène de l’arbitraire du vedettariat s’ajoute la multiplication des sollicitations. Les œuvres ne manquent pas, ni les causes, chacune plus importante que l’autre. Cette situation conduit à une fragmentation et une banalisation de la générosité. L’Evangile nous invite à nous réapproprier le don et à recouvrer la liberté de choisir où, comment et à qui donner, loin de toute surenchère!

Donner, c’est refuser le sentiment d’impuissance ou de désespoir qui voudrait que «rien ne vaille la peine de rien». C’est décider de «rester humain et de croire à un monde meilleur !»

Isabelle Ott-Baechler, pasteure

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Le Souffle n°16

@22:42

Vivre et croire dans un monde complexe

La complexité du monde vous fait-elle peur? Selon le sociologue Edgar Morin «la complexité effraie, elle semble supprimer toute foi, toute espérance, tout courage». Mais pour assurer un avenir à notre terre, cet auteur invite la société moderne à s’organiser en tenant compte des données multiples, ambiguës, contradictoires de la réalité, de l’Histoire et de l’âme humaine. Le monde n’est pas noir ou blanc. Ce serait évidemment plus simple: les bons et les méchants, le vrai et le faux, les Eglises fidèles ou pécheresses.

L’EREN se trouve en difficulté; chercher les coupables reviendrait à refuser la complexité. Il n’y a pas une seule cause, mais mille peut-être. La complexité du réel s’impose comme une évidence, même si cela nous pèse. Mais chacun a la liberté de ne pas se laisser écraser, en ravivant son désir de vivre, sa confiance en soi et le sentiment de sa valeur fondamentale aux yeux de Dieu. En sera-t-il différemment pour l’EREN devant la nécessité de défendre son «territoire» pour pouvoir encore annoncer l’Evangile ? Dans un monde complexe, dire oui à sa vie, chanter l’amour et vibrer à toute beauté, pourrait bien ne pas être du nombrilisme, mais le reflet d’une Parole venue habiter et transfigurer notre Création.

Antoine Borel, pasteur

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Le Souffle n°15

@22:41

Wanted…

Une législature s’achève. Si son bilan est positif, les bénévoles de nos divers lieux de vie et leur sens de l’engagement y sont pour beaucoup. Sans leur dévouement, rien n’aurait pu être mené à bien. Nous leur exprimons notre vive reconnaissance, sans oublier celles et ceux qui vont «passer la main» après s’être dévoués sans compter. Un immense merci.

Quant aux places libérées, un appel vous est lancé en toute simplicité. Un nouveau Conseil paroissial — avec ses délégués aux Centres d’activité et ses députés —sera élu le 13 mai. A cet effet, une devise semble plus d’actualité que jamais dans une paroisse où s’investir: «Ce n’est pas obligatoire, mais juste indispensable!» Ainsi, dans la mesure où, sensibles à la vocation de notre Eglise, vous souhaitez participer et regarnir nos rangs, n’hésitez pas à nous joindre. Nous travaillons de façon solidaire, en équipes soudées et déterminées, dans la confiance pour aujourd’hui et l’espérance pour demain.

Edmond Moret, président du Conseil paroissial

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